Les loyers d'un logement loué vide sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers. Deux régimes s'offrent au bailleur : le micro-foncier, simple mais forfaitaire, et le régime réel, plus exigeant mais souvent plus avantageux. Le choix se joue sur un seuil, un abattement — et sur le montant de vos charges.

Location meublée : ce n'est pas ici. Les loyers d'un meublé relèvent des BIC (bénéfices industriels et commerciaux), pas des revenus fonciers. Régime, formulaires et règles de déduction sont entièrement différents — c'est le statut LMNP.

1. Micro-foncier ou régime réel ?

Micro-foncier Régime réel
ConditionRecettes brutes ≤ 15 000 €/anAu-delà, ou sur option
PrincipeAbattement forfaitaire de 30 %Déduction des charges réelles
Formulaire2042, case 4BEDéclaration 2044
DéficitImpossiblePossible et imputable

Le calcul est simple : si vos charges réelles dépassent 30 % de vos loyers, le régime réel est plus favorable. Avec des travaux, des intérêts d'emprunt ou une taxe foncière élevée, ce seuil est franchi sans difficulté.

L'option pour le réel engage 3 ans. Elle est irrévocable pendant trois années, puis reconduite tacitement. À ne pas prendre à la légère si vos charges sont irrégulières — mais à envisager sérieusement l'année de gros travaux.

2. Les charges déductibles au régime réel

Non déductibles

Réparation ou agrandissement ? Refaire une salle de bains à l'identique est déductible. Créer une salle de bains supplémentaire ne l'est pas. Remplacer une fenêtre est déductible ; percer une ouverture nouvelle ne l'est pas. C'est le contrôle le plus fréquent de l'administration sur ce poste.

3. Le déficit foncier

Quand les charges dépassent les loyers, le régime réel crée un déficit foncier, avec un traitement fiscal avantageux :

Exemple chiffré

  • Loyers encaissés : 9 600 €
  • Travaux de réfection : 12 000 € — taxe foncière : 1 200 € — assurance : 300 € — intérêts : 2 500 €
  • Total des charges : 16 000 € → déficit de 6 400 €
  • Part imputable sur le revenu global : 6 400 € (sous le plafond de 10 700 €, et les intérêts sont couverts par les loyers)
  • Économie d'impôt à 30 % de tranche marginale : environ 1 920 €

Condition à ne pas oublier : pour conserver l'imputation sur le revenu global, le logement doit rester loué jusqu'au 31 décembre de la troisième année qui suit. Une vente ou une reprise anticipée entraîne la remise en cause du déficit imputé.

4. Calendrier et formulaires

Les dates limites de la déclaration en ligne s'échelonnent fin mai / début juin selon le département. Conservez les justificatifs 3 ans — c'est la durée pendant laquelle l'administration peut contrôler.

5. Les erreurs qui coûtent

  1. Rester au micro-foncier l'année de gros travaux — l'abattement de 30 % fait perdre la déduction réelle et le déficit
  2. Déduire des travaux d'agrandissement — redressement quasi systématique
  3. Déclarer les loyers charges comprises — seules les recettes hors charges récupérables sont à déclarer, provisions comprises mais régularisées
  4. Oublier de reporter un déficit antérieur — il se perd au bout de 10 ans
  5. Vendre trop tôt après avoir imputé un déficit sur le revenu global

6. Préparer sa déclaration sans fouiller douze mois de papiers

La déclaration est un exercice de mémoire : quels loyers ont été réellement encaissés, quelles factures étaient déductibles, quelle part de l'appel de fonds de copropriété était récupérable.

Dans LocAdmin, la comptabilité suit les encaissements réels et non les loyers appelés, distingue les dépenses déductibles des charges récupérables, et produit un état annuel exploitable directement pour remplir la 2044.

Information générale. Cet article présente la fiscalité applicable en France à jour de 2026. Il ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Pour une situation particulière — indivision, SCI, dispositifs de défiscalisation — consultez un expert-comptable ou votre service des impôts.