La quittance de loyer est un document juridique gratuit que le bailleur doit fournir au locataire dès lors que celui-ci a payé l'intégralité du loyer et des charges. Mentions obligatoires, valeur juridique, format, délais : voici le guide complet 2026.

1. Définition et obligation légale

L'article 21 de la loi du 6 juillet 1989 dispose que :

« Le bailleur ou son mandataire est tenu de transmettre gratuitement une quittance au locataire qui en fait la demande. La quittance porte le détail des sommes versées par le locataire en distinguant le loyer et les charges. »

La fourniture est obligatoire sur demande. Aucune contrepartie ne peut être exigée. Le bailleur ne peut pas la conditionner à un accord supplémentaire.

2. Mentions obligatoires

Une quittance valide doit contenir :

3. Quittance vs reçu : ne pas confondre

En cas de paiement partiel, le bailleur ne peut pas délivrer une quittance — qui implique le paiement complet — mais doit fournir un reçu mentionnant le montant payé et le solde restant dû.

Une quittance émise alors que le paiement n'est pas complet vaut reconnaissance de dette éteinte par le bailleur (jurisprudence constante) — vigilance avant de signer.

4. Format papier ou numérique ?

Depuis la loi ALUR (mars 2014), le bailleur peut transmettre la quittance par voie dématérialisée (email, espace personnel) sous deux conditions cumulatives :

Le PDF avec signature scannée est la pratique recommandée car :

5. Combien de temps conserver les quittances ?

Pour le locataire, la quittance peut être demandée jusqu'à 5 ans après la fin du bail (preuve de domicile, demande d'aide, dossier de location, etc.). Conservation recommandée : 10 ans.

Pour le bailleur, conserver les quittances pendant la durée de prescription fiscale (3 ans en général, jusqu'à 10 ans en cas de fraude présumée).

6. Quittance et déduction d'impôts

La quittance n'est pas un justificatif fiscal en tant que tel. C'est le relevé des loyers perçus (formulaire 2044) qui est utilisé. Toutefois, en cas de contrôle fiscal, le bailleur doit pouvoir produire les quittances correspondantes.

7. Cas particuliers

Colocation

Une quittance unique pour l'ensemble des colocataires si solidarité. Sinon, une quittance par colocataire au prorata de sa part.

Bail meublé

Mêmes obligations qu'un bail vide. La distinction loyer/charges doit toujours apparaître.

Logement vacant temporairement

Pas de quittance si pas de paiement. En revanche, en cas de sous-location autorisée, le sous-locataire reçoit sa quittance du locataire principal.

8. Bonnes pratiques pour le bailleur

Avec LocAdmin

Sources : article 21 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, loi ALUR n° 2014-366 du 24 mars 2014, code civil articles 1342 et suivants.