Le préavis de départ est le délai entre le moment où le locataire annonce qu'il quitte le logement et la date à laquelle il rend les clés. Il est de 3 mois pour une location vide, 1 mois pour un meublé — et de nombreuses situations permettent de le réduire à 1 mois même en location vide. Voici les règles exactes, les délais, la forme à respecter et les erreurs qui coûtent cher.

1. Combien de temps dure le préavis ?

Tout dépend du type de location et, pour les logements vides, de la situation du locataire. Le cadre est fixé par la loi du 6 juillet 1989 (article 15 pour les logements vides, article 25-8 pour les meublés).

Situation Préavis locataire Préavis bailleur
Location vide (cas général)3 mois6 mois
Location vide en zone tendue1 mois6 mois
Location meublée1 mois3 mois
Bail mobilité1 mois

Asymétrie voulue par la loi. Le locataire peut partir à tout moment, sans avoir à se justifier. Le bailleur, lui, ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail, et uniquement pour trois motifs : reprise pour habiter, vente du logement, ou motif légitime et sérieux (impayés répétés, troubles de voisinage).

2. Les cas de préavis réduit à 1 mois en location vide

C'est le point le plus mal connu, et celui qui génère le plus de litiges. En location vide, le préavis tombe à 1 mois dans les situations suivantes (article 15-I de la loi de 1989) :

Le motif doit être écrit dans la lettre de congé, et justifié. Un locataire qui invoque un préavis réduit sans en indiquer le motif — ou sans joindre le justificatif — reste redevable des 3 mois complets. C'est la source de litige la plus fréquente sur ce sujet.

3. À partir de quand le délai court-il ?

Le préavis commence le jour de la réception de la lettre par le bailleur, et non le jour de son envoi. Une confusion sur ce point décale tout le calendrier.

Pour une lettre recommandée, la date qui fait foi est celle de la première présentation par La Poste — même si le bailleur ne retire le courrier que plus tard, ou pas du tout.

Exemple concret — location vide hors zone tendue

  • Lettre envoyée le 3 septembre 2026
  • Première présentation au bailleur le 5 septembre 2026 → point de départ
  • Préavis de 3 mois → fin de bail le 5 décembre 2026
  • Le loyer est dû jusqu'au 5 décembre inclus, même si le locataire part le 20 novembre

4. Sous quelle forme donner congé ?

Trois formes seulement sont valables :

  1. Lettre recommandée avec accusé de réception — la voie la plus courante
  2. Acte de commissaire de justice (ex-huissier) — plus coûteux, mais date certaine
  3. Remise en main propre contre récépissé ou émargement daté et signé

Un simple courriel, un SMS ou un appel téléphonique ne valent pas congé. Même si le bailleur en accuse réception, le délai ne court pas juridiquement. En cas de désaccord ultérieur, le locataire se retrouve redevable des loyers.

5. Ce que le préavis change pour chacun

Pour le locataire

Pour le bailleur

6. Après le préavis : état des lieux et dépôt de garantie

L'état des lieux de sortie se fait le jour de la remise des clés, de façon contradictoire. Le dépôt de garantie doit ensuite être restitué dans un délai encadré :

Situation Délai de restitution
État des lieux de sortie conforme à l'entrée1 mois
Dégradations constatées2 mois

Passé ce délai, le bailleur doit au locataire une majoration de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard entamé.

7. Le cas particulier de la colocation

Un colocataire peut donner congé seul, en respectant son propre préavis. Mais si le bail comporte une clause de solidarité, il reste tenu du paiement du loyer jusqu'à ce qu'un remplaçant figure au bail — et, à défaut, au maximum 6 mois après la fin de son préavis.

C'est un point à surveiller de près : beaucoup de colocataires partent en croyant leur engagement terminé, alors qu'il court encore.

8. Les cinq erreurs les plus fréquentes

  1. Compter le préavis depuis l'envoi et non depuis la réception — décalage de 2 à 5 jours, et un loyer de trop ou de moins
  2. Invoquer un préavis réduit sans écrire le motif dans la lettre — le préavis reste de 3 mois
  3. Donner congé par email — juridiquement sans effet
  4. Croire qu'un départ anticipé arrête le loyer — il court jusqu'au terme du préavis, sauf relocation
  5. Oublier la zone tendue — beaucoup de locataires paient 3 mois alors qu'ils n'en devaient qu'un

9. Suivre les préavis sans rien oublier

Pour un bailleur qui gère plusieurs lots, le préavis est une date critique : elle commande la fin du bail, l'arrêt de la quittance, l'état des lieux de sortie, la restitution du dépôt de garantie et la remise en location.

Dans LocAdmin, la saisie d'un congé calcule la date de fin de bail, arrête la génération des quittances au bon mois, et rappelle les échéances de restitution du dépôt de garantie. Les délais légaux sont appliqués automatiquement selon le type de bail et la zone.

Information générale. Cet article présente le droit applicable en France à jour de 2026. Il ne remplace pas un conseil juridique adapté à une situation particulière. En cas de litige, rapprochez-vous d'une ADIL (agence départementale d'information sur le logement), dont le conseil est gratuit.